Livre œuvrée
Temps perdu
Heures passées
À chercher
Les chardons ardents
Des landes suspendues aux nuages
Coulent vers le ciel qui se dégage
Tandis qu’un vent de glace brasse
Les têtes échevelées mais teintées
De cuivre et de velours
Au dessus des lochs qui ne savent plus quelle douceur refléter.
Une infinité de branches strient à toute allure les souvenirs fatigués de nos yeux
Les regards plongent dans les lacs. En ressortent, trempés, sur la rive suivante avec la certitude que dans l’interstice, quelque chose a bougé, disparu.
Ici naissent les monstres dans les absences du regard.
Des monstres insaisissables, de ceux qui se racontent mais ne se montrent pas.
De ce que nos yeux n’ont pas pu saisir, c’est là que l’esprit invente.
Le temps que les ombres se soient déjà enfuies, au vol, au rapt du paysage
Le temps que le soleil ait ravi aux montagnes leur rousseur,
Le temps qu’ait translaté la couleur aux zestes de ciel.
Le temps s’est noyé.
C’est l’heure où le cœur cuit dans la poudre des éclipses oubliées et plonge dans ces douces collines avant de s’étendre aux seins des lacs.
Il m’illumine en pleine nuit.